Par Champi-Haine

Dimanche 27 décembre 2009 à 23:04

C'est pas que je vois en système binaire. C'est que ma vie a toujours été coupée en deux.
Il a toujours fallu faire des choix, laisser l'un de côté, pendant une semaine, puis récupérer l'autre. Je ne les abandonnais pas, je ne les aimes pas l'un moins que l'autre, mais au final c'était ça.
On ne cesse de répéter à un enfant. "Tu continueras à avoir tes deux parents. Tu n'as pas à choisir. Tu les aimes toujours autant et eux aussi." ...
On choisit toujours. L'une des semaines est consacrée à l'un et la deuxième à l'autre et ainsi de suite. On aime plus qu'un coup sur deux. Ca veut pas dire qu'on oublie, mais on vit avec eux un coup sur deux. Nos souvenirs, les fêtes, tout ça est coupés en deux.

Alors.. Oui, ça n'excuse ni ne justifie rien. Vous pouvez m'en vouloir, je le conçois, le comprends, l'accepte.
Mais comment voulez-vous que j'arrive à faire un choix ou plutôt, à m'y tenir. Nager entre deux eaux, c'est ma vie, ça m'est familier, ça me sécurise. J'ai besoin d'avoir deux points d'appuis. Oui, ça ne justifie rien. Mais je sais que je vous fais souffrir. Autant que je sais que je fais souffrir ma mère d'avoir choisit mon père. Mais on fait avec. On prend l'habitude de traîner la douleur d'un tiers, on a un poid accroché à la cheville.
Ca ne veut pas dire que j'aime vous faire souffrir. Que j'aime rire avec l'un et embrasser un autre. Oui. J'aimerais vous avoir tous les deux. Mais au lieu de vous avoir entièrement l'un et l'autre, je vous ai simplement à moitié. Personne n'appartient à personne, j'entends. Mais ma vie n'est qu'un chemin pour aller de l'un à l'autre.
Je suis désolée. Vous le savez aussi, je fais un travail pour apprendre à ne prendre qu'une décision et ne prendre qu'un seul chemin. Le problème n'étant pas que je n'assume pas mes choix, le problème est que j'en fais toujours plusieurs...
Qu'est-ce que ça change au final tout ça? Pas grand chose. Ca me libère juste de faire mes analyses psychologiques toute seule. "Le truc de ouf avec toi c'est que t'analyses tout, ce que tu fais, pourquoi tu le fais. Tu t'auto-analyse.. Mais sérieux, tu deviens pas schyzo à force?" Franchement, parfois j'aimerais bien me découvrir ce genre de pathologie, j'pourrais enfin me dire que je ne suis pas juste une ado qui vit encore dans sa douleur, dans sa blessure de ces 8 ans et qui cherche encore et toujours un responsable. Qui est persuadée que ça ne peut être qu'elle, sinon, pourquoi maman serait partie vu que papa était adorable? On apprend au fur et à mesure de la vie que non, rien n'était parfait. Mais comme cela avait toujours été le cas, pourquoi d'un coup, pourquoi maintenant? C'est moi n'est-ce pas? Je n'aurais jamais dû te parler de mon agression maman, je n'aurais pas dû, peut être que tu ne serais pas partie.. Il y a forcément une raison qui fait que tu ai décidé de nous abandonner. De nous oublier et de nous récupérer plus tard, sous une autre forme, sous une "maman" que je ne connaissais plus. Sous un rire qui m'apparaîssait étranger. C'est de ma faute si tout est parti en vrille. J'aurais dû savoir me défendre contre les garçons pervers qui fourrent leurs mains au fond des sexes des petites filles. J'aurais dû savoir, j'aurais dû être prête. Mais promis, je ne me laisserais plus faire par les garçons, ni par les filles. Je ne me laisserais plus faire par personne, je vais me débrouiller seule et je vais ramener maman. Même si j'ai la haine contre elle d'avoir claqué la porte, d'avoir annoncé son départ à papa en même temps qu'à nous. Même si aujourd'hui, je considère encore, du haut de mes 8 ans que "personne ne peut comprendre" et qu'au fond, oui, maintenant j'ai 17 ans et que je veux que personne n'ai à comprendre. Je veux que ça disparaisse ce genre d'horreur. Je veux qu'on arrête les pervers, je veux qu'on protège les petites filles. Je veux qu'on aide les mères. Je veux qu'on aide les papas. Je veux qu'on m'explique pourquoi j'ai rien pû faire, pourquoi même si on le veut très fort, y a rien qui peut rester là où c'est. Qu'il faut toujours qu'il y ai des départs. Qu'il faut toujours que tout change. Pourquoi lui aussi il devait m'abandonner? Pourquoi ça doit toujours se répéter ces histoires à la con où on se retrouve toujours tout seul devant une valise vide...


2009
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Fruchy
Parce que s'il n'y avait pas tout ça, on ne se rendrait pas compte du bonheur qu'il y a dans tout le reste.
(Mais bon, faut le voir quoi ^^)

(Je sais que je ne sais pas. Je sais.)

Champi-Haine
C'est pas que tu sais ou que tu ne sais pas Fruchy. En fait ça n'a rien à voir, c'est juste que... Cette réponse là, c'est la seule qui fait que je garde ce sourire du bout des zygomatiques (^^). C'est la réponse que m'a fait ma mère au bout des 2 mois où elle ne nous donnait pas de nouvelles. C'est la réponse digne de l'ironie du malheur, c'est la réponse qui fait que l'on reconnait qu'il y a du malheur et que pour ne pas le regarder, on s'attache à l'autre côté, le bonheur, cette chose qui est là et qui n'a pas besoin d'explication.
Par Fruchy le Dimanche 27 décembre 2009 à 23:50
Parce que s'il n'y avait pas tout ça, on ne se rendrait pas compte du bonheur qu'il y a dans tout le reste.
(Mais bon, faut le voir quoi ^^)
(Je sais que je ne sais pas. Je sais.)
Par Hasufel le Lundi 28 décembre 2009 à 2:11
Attention à ta garde, les poings pas trop serrés pour évité la fatigue des tendons dans le poignet, et pour évité la casse en cas de choc violent. Cela évite aussi que tes ongles ne te blesse les paumes en cas de choc.
Gardes les poings bien hauts, au niveau des pommettes mais pas trop hauts non plus, pour ne pas gêner ton champ de vision. Ne les garde pas trop près du visage non plus sinon il n'amortiront pas suffisamment.
Les avant-bras à la verticale, parallèles et bien serrés devant le sternum et les coudes vers le bas, afin que leur propre poids ne te fatigue pas les épaules.

Ta position sur tes jambes doit être stable mais avant tout confortable. Faut que tu soit bien. Comme lorsque tu marche et que tu t'arrête d'un coup. tu doit pouvoir déplacé ton poids d'une jambe sur l'autre sans que ça te déséquilibre.

Pour le reste, j'avais mentalement préparé un petit pavé philosophique comme je les aimes, avec force de phrases destinées à faire réfléchir. Mais vaux mieux que j'en reste là. Genre: looser, certes, mais qui sais se battre.

N'oublie pas, ne sert pas trop tes ptits poings, ma présidente. Y a des gens qui y tiennent, à tes ptits poings...
Par Champi-Haine le Lundi 28 décembre 2009 à 10:13
C'est pas que tu sais ou que tu ne sais pas Tif. En fait ça n'a rien à voir, c'est juste que... Cette réponse là, c'est la seule qui fait que je garde ce sourire du bout des zygomatiques (^^). C'est la réponse que m'a fait ma mère au bout des 2 mois où elle ne nous donnait pas de nouvelles. C'est la réponse digne de l'ironie du malheur, c'est la réponse qui fait que l'on reconnait qu'il y a du malheur et que pour ne pas le regarder, on s'attache à l'autre côté, le bonheur, cette chose qui est là et qui n'a pas besoin d'explication.
Par Champi-Haine le Lundi 28 décembre 2009 à 10:15
Merci petit démon noir au coeur blessé. Je retiens la théorie <3.
Sale nain auto-sexuel.

Zheeeeengaaas! =D
Par Fruchy (qui persiste lol) le Lundi 28 décembre 2009 à 12:20
Et alors ?
(^^)
Par Champi-Haine le Lundi 28 décembre 2009 à 13:14
Et alors? Et alors? ^^
Bah le petit chat d'Agnès est mort.

Si tu veux c'était juste pour te dire que ta réponse n'était pas très ... pertinente ou plutôt que ça n'arriverai pas à me faire taire. Parce que si a tous les "pourquoi" on répond juste "parce que". Ca enraye le système de critique, le système de réflexion.
Ca ne veut pas dire que tu as tort, ou que moi j'ai tort etc... C'était juste pour te dire ça. Qu'il faudrat que tu trouves plus que simplement le truc de "y a toujours le bonheur". Bah oui, sans malheur y aurait pas de bonheur, sans bonheur y aurait pas de malheur au même titre que sans lumière il n'y aurait pas d'ombre etc.. Les contraires font vivres les idées. C'est tout.
Par Fruchy le Lundi 28 décembre 2009 à 15:48
Petit 1. Quelle que soit la réponse que je donne, je ne pourrai jamais arriver à te faire taire, soyons claires (et tant mieux).
Petit 2. Répondre "parce que" à "pourquoi" c'est pas pour enrayer le système de critique, c'est pour répondre simplement à une question (mais si c'est possible !), au lieu de retourner le problème et le compliquer.
Petit 3. Tu dis toi-même l'idée que j'ai émise. On est d'accord en fait ^^
Petit 4. Y'a deux côtés, malheur & bonheur, qui s'attirent et se repoussent. Bon voilà. L'un ne va pas sans l'autre, l'un a besoin de l'autre pour exister. Tout ça c'est vrai. Le seul truc qui change, c'est l'angle sous lequel on regarde cet équilibre. Et c'est nous et nous seuls qui pouvons changer ça, décider de quelque côté appuyer de toutes nos forces pour faire pencher la balance.
Petit 5. Au fond, même si je te prouvais de 1000 et une façons que ma réponse pourrait correspondre, tu ne l'aimerais pas quand même ^^
Petit 6. On voit la vie comme on décide de la voir. On est ce que l'on décide soi-même d'être.
Petit 7. Je me demande laquelle de nous deux est la plus têtue.
Petit 8. Stop, j'en ai marre de cette tartine de rien que je suis en train d'écrire ^^

Ah si, une dernière chose :
Petit 9. ♥
Par Champi-Haine le Lundi 28 décembre 2009 à 16:54
Double pitits coeurs.
Quand je pose ce genre de questions, quand je les marques sur un blog, je ne cherche pas vraiment de réponses, c'est juste qu'ainsi, elles ne sont plus dans ma tête et me permettent de ne penser qu'au "bonheur". Je considère que j'assume bien qui je suis, je vis dans le bonheur mais je m'intéresse au malheur, ne pas y penser serait le rendre inexistant, ou ne pas en prendre conscience. Et ce serait faux et raté une partie de la vie. Je ne dis pas qu'il faut vivre dans le malheur, car vivre dans le malheur reviendrait à ne pas avancer, à ne pas bouger et donc ne pas vivre.
Quand on pose une question, on veut une réponse non pas pour une réponse mais pour une réponse qui nous satisfait, aujourd'hui, mes questions n'ont pas trouvé les réponses que j'attendais. C'est tout.
Mes blogs, ce sont mes poubelles, là où je jette le trop plein, le jour où je voudrais une "vraie" réponse, de la part de quelqu'un, je lui poserais directement la question.
Aujourd'hui, écrire tout ce qui me passe par la tête, m'aide à me structurer. C'st tout.
Par Hasufel le Lundi 28 décembre 2009 à 17:40
Trop excellent, Tiffanie, tu fait tout le boulot à ma place.^^
Tu trouve pas ça trop cool de lire un classeur bien ranger et d'y coller plein de post-it?
Moi, j'aime...

(mais quel chiant, ce nain!)

Zhengas powa, ma présidente^^
Au passage, France, si tu veux tester la pratique, j'ai eu des gants d'entrainement tout neufs, pour nowel. mdr
Par Fruchy le Lundi 28 décembre 2009 à 19:04
On a du bouleau pour "Tapez votre message perso" Punchy, hein ? ^^
'Fin bref.
Par Hasufel le Mardi 29 décembre 2009 à 19:12
Dans le fond, tu es une bêta, toi aussi...
Par cumulus le Mercredi 6 février 2013 à 14:07
Je pensais avoir fait tout le tour de ton blog quand je l'avais découvert, avoir tout lu, et pourtant, je ne me rappelais pas vraiment de ces articles. Ils sont saturés en un panel d'émotions assez incroyablement puissantes. Dévorantes. Ca me touche parce que j'ai échappé de peu à cette vie que l'on est contraint d'affronter avec seulement chaque jour, la moitié de tout. Mes parents ont fait marche arrière, ils ont censurés leurs propres émotions pour nous protéger, parce que nos larmes et notre douleur le leur imploraient. Mais est-ce que c'est vraiment mieux de cohabiter chaque jour avec deux étrangers, deux étrangers qui ont appris à détester leur vie, et qui essaient encore de maquiller la scène ? J'attrape le moindre sourire qui pourrait avoir un semblant d'air de complicité, et je me demande chaque fois que je suis près d'eux : sont-ils heureux ? Et je ne crois pas. Et c'est assez terrible de se dire que par pur égoïsme, on a empêché le bonheur de nos parents. Mais voilà, le bonheur c'est complexe, il y a souvent des nuages, parfois des orages, des éclairs dans des ciels de printemps, des ouragans et des tsunami qui viennent déraciner des décennies d'amour et de croyances. Des choses parfois terribles qui nous écrasent au sol. Il faut alors reconstruire. Retrouver les morceaux épars, par terre, et refaire le puzzle, pas à pas. Il faut s'auto-cimenter, consolider les murs, et des fois une fois que l'on a enfin fini ce travail titanesque, un autre drame fait s'écrouler à nouveau notre château, et l'on doit repartir de zéro. Mais en fait, en fait non. On ne repart pas de zéro. On continue à avancer, on trace notre route. Ces choses terribles que tu as subi, cette douleur inimaginable, elle t'a construite. Tu ne serais pas la même sans elle. Elle est ta fragilité, mais aussi et surtout ta force. Ca me paralyse, l'idée que l'amour puisse finir. Comme ça, d'un jour à l'autre, que les gens s'en aillent, pour toujours. Mais je crois, je crois qu'il en reste toujours quelque chose. Les enfants sont le témoin de l'Amour. Tes cicatrices témoignent aussi de ton histoire, il faut apprendre à les aimer. Aime ce que tu es. Tu es belle comme ça. Et forte. Et vivante. Aime ce que tu es :).
 

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